psychopathologie

19 avril 2010

Introduction

La psychopathologie plonge ses racines dans l'antiquité : philosophes grecs et médecins arabes travaillaient déjà à comprendre le fonctionnement mental et rendre la médecine plus objective, plus scientifique. Si cette ambition fut oubliée lors des périodes d'obscurantisme religieux en Occident, la volonté d'une médecine raisonnée ressuscita lors de la Renaissance.

Sur ces bases se construisit la psychiatrie, puis ce qui allait devenir un peu plus tard, la psychopathologie. Cette discipline étudie les troubles mentaux, une définition à la fois simple et complexe : normal et pathologique se chevauchent, et le trouble mental est un concept dont les limites sont plutôt floues.

Que tenter pour la définir? L'approche descriptive des classifications anglo-saxonnes, rigides et néanmoins pratiques? Où une approche plus souple, plus empirique, et difficile à cerner? Que dire également des conceptions en marge de la médecine classique?

Ce chapitre présente un historique de la psychopathologie et tente une définition adéquate de la discipline, définition qui emmène sur plusieurs pistes de réflexions quant à la nature des troubles mentaux et des conceptions que l'on peut se faire de ces pathologies.

En pratique, on définit généralement un trouble mental selon un rapport à une norme, on peut alors considérer le trouble comme une anomalie mentale, un trouble de pensée à la fois spécifique, relativement rare et porteur de souffrance.

Dans un tel cadre, il est nécessaire de prendre en compte l'éducation culturelle de l'individu, et de le replacer dans son contexte social afin de comparer ce qui est comparable : puisque l'on se réfère à des normes, alors, il faut y inclure les normes sociales et environnementales, sous peine de se forger un avis trop subjectif, menant à une classification trop rigide.

Le trouble psychopathologique se définit qualitativement : la quasi-totalité des psychologues, psychiatres, etc... considèrent que la frontière entre normal et pathologique reste extrêmement floue, les classifications diverses (les plus connues sont le CIM-10 et le DSM-IV) représentent une aide descriptive au diagnostic, et certainement pas un cadre de critère absolu.

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Sommaire de la terminologie

1.1 Troubles des conduites instectuelles

2.1 Troubles de la conscience de soi

3.1 Troubles de l'humeur

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1.1 Troubles des conduites instinctuelles

Hyposomnie (insomnie)

Il s'agit d'une déviation quantitative – insomnie – (plainte par le sujet d'une baisse de quantité et de la qualité de son sommeil) qui peut prendre différentes formes : difficultés d'endormissement ou sommeil interrompu à plusieurs reprise au cours de la nuit, ou réveil prématuré avec impossibilité de se rendormir. Les conséquences sont multiples :
- trouble de l'attention
- irritabilité
- baisse de l'activité personnelle ou professionnelle.

Ce type de trouble de sommeil est très fréquent en psychopathologie :
- états dépressifs
- états maniaques
- troubles alimentaires
- états psychotiques (chroniques ou aiguës)
- états anxieux

hypersomnie

Il s'agit d'une plainte pour excès de sommeil, souvent avec sommeil diurne et sommeil nocturne trop long et des difficultés majeure à se réveiller le matin (le sujet s'en plaint). Il a des conséquences sur le niveau socioprofessionnel, avec des difficultés à respecter les horaires et à obtenir le rendement souhaité. On le trouve dans :
- les troubles dépressifs
- les troubles anxieux
- l'hypersomnie produite par les psychotropes (sédatifs)

les troubles de l'alimenta

Hyporexie ; anorexie.

L'hyporexie est une diminution de l'appétit, l'anorexie est une perte de l'appétit. · On les trouve dans des contextes différents, surtout dans les troubles dépressifs et anxieux (attention, c'est différent de l'anorexie mentale). On les distingue du refus alimentaire présent dans l'anorexie mentale, qui obéit à des mécanisme différents selon la pathologie (par exemple, dans les troubles dépressifs majeurs très grave, cela peut être considéré comme une forme de suicide). · Aussi dans le contexte délirant (délire d'empoisonnement) · ou refus de manger pour expier une faute qu'on pense avoir commise (contexte mélancolique.

boulimie

Elle dépasse en fait le cadre simple des troubles alimentaires. Les crises boulimiques se déroulent généralement en 3 étapes :
1/ sensation intense de faim vécue dans l'angoisse
2/ Ingestion rapide et impulsive d'une grande quantité d'aliment
3/ Sentiment intense de culpabilité et de dégoût à l'égard de soi-même. On la distingue de plus en plus de l'hyperphagie (grignotage) pour laquelle on ne retrouve pas les phases 1/ et 2/

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1.2 Troubles de la conscience de soi

Dépersonnalisation

C'est une altération de la perception de soi marquée par un sentiment d'étrangeté ou de transformation de soi-même, et par une non reconnaissance de ses propres pensées. Le sujet met en doute sa réalité physique et psychique.

Ce phénomène de dépersonnalisation est souvent accompagné d'une déréalisation, i-e une perception altérée de l'environnement. Le monde extérieur est vécu comme irréel, le sujet peut même avoir l'impression de vivre comme dans un rêve.

Il n y a pas de spécificité étiologique particulière, on la rencontre dans de nombreux cas :
- chez le sujet normal à l'adolescence (ce n'est pas considéré comme pathologique)
- après un stress important
- après une prise de psychotropes (surtout des drogues fortes)

Quand elle s'accompagne d'autres signes cliniques, elle peut faire évoquer le diagnostique de troubles psychotiques (schizophrénie surtout)

Dysmorphophobie

C'est une impression, une préoccupation excessive et source de souffrance concernant son propre aspect corporel. Le plus souvent, le sujet est convaincu de souffrir d'une disgrâce esthétique.
- c'est un symptôme banal à l'adolescence, on le rencontre même souvent.
- Si elle s'inscrit dans la durée et s'accompagne d'un isolement social progressif, s'il y a demande répétée de chirurgie esthétique et qu';elle procure chez le sujet le sentiment permanent d'être l'objet de la moquerie des autres, alors cette dysmorphophobie peut être comprise comme le symptôme inaugural d'entrée en processus schizophrénique.

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1.3 Troubles de l'humeur

. l'humeur dépressive

Elle est caractéristique du syndrome dépressif, et caractérisée par un état de tristesse permanent et douloureux, différent du sentiment de cafard occasionnel. La thymie est insensible aux variations de l'environnement, elle envahie l'ensemble des champs de la vie du sujet.
Elle est souvent accompagnée d'anesthésie affective (perte de la capacité à ressentir des émotions) pouvant aller jusqu'à l'anhédonie (incapacité à éprouver du plaisir)

l'humeur expansive/euphorique

Elle est caractéristique des états maniaques, et caractérisée par un sentiment de joie, d'euphorie avec une surestimation de soi, sans rapports évidents avec l'environnement extérieur (quelque soit la situation dans laquelle se trouve le sujet)
L'humeur dépressive est souvent accompagnée d'un ralentissement psychomoteur. A l'inverse, l'humeur expansive est souvent accompagnée d'une agitation psychomotrice.

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Grands syndromes

Les grands syndrômes de la psychopathologie. Vous en connaissez probablement plusieurs, par ouï-dire peut-être... Schizophrénie, dépression, paranoïa... Tout le monde en a entendu parler, beaucoup y ont été confrontés directement ou indirectement, mais que sont-ils exactement?

Les grands syndromes psychopathologiques sont pour la plupart des formes plus sévères des troubles de personnalité. Un syndrome est communément défini comme un ensemble de symptômes, qui sont les signes cliniques de souffrance sous-jacente. Chaque syndrome psychopathologique se définit généralement, donc, par l'association chez une même personne de plusieurs de ces signes ou symptômes.

Si les signes distinctifs de ces troubles sont à garder à tête, leur présence ne suffit pas toujours à poser un diagnostic valable. Il est nécessaire d'avoir une idée d'ensemble, et de connaître chaque syndrome afin de bien les distinguer les uns des autres (établir un diagnostic "différentiel"), les répérer éventuellement lorsqu'ils se présentent en co-morbidité. Les cas de syndromes associés, à savoir, plusieurs syndromes chez une même personne, ne sont pas rares : de nombreux syndromes en entraînent d'autres : par exemple la schizophrénie entraîne régulièrement une dépression. Il est donc très important de savoir dissocier chaque syndrome afin de permettre la prise en charge par les thérapies adéquates.

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Symptomatologies fréquentes

1. La dépression

2. La névrose hystérique

3. La névrose phobique

4. La paranoïa

5. La schizophrénie

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1. La dépression

On entend par dépression ou état dépressif, un syndrome associant deux signes fondamenteux : l'humeur dépressive qui implique une vision pessimiste du monde et de soi même ET la diminution globale des forces pulsionnelles, des processus intellectuels et de l'activité motrice appelée souvent "inhibition psycho-motrice" ou perte de l'élan vital..

Il en existe plusieurs formes.. la plus grave étant "l'épisode dépressif majeur" qui nécessite absolument l'hospitalisation en milieu spécialisé au vu du risque redoutable de suicide !

Les critères pour poser le diagnostic d'un EDM sont : au moins 5 des critères suivants présents pendant la même période pendant au moins 2 semaines, avec obligatoirement présence des 2 premiers critères:

1/Une humeur dépressive

2/Manque d'intérêt et/ou de plaisir pour toutes les activités ou presque

3/Perte ou gain de poids significatif

4/Insomnie ou hypersomnie

5/Agitation ou ralentissement psycho-moteur

6/Fatigue ou perte d'énergie 7/Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée 8/Diminution de l'aptitude à penser/se concentrer 9/Pensées de mort récurrentes/idées suicidaires

ces symptomes : - doivent être présents tous les jours ou presque tous les jours doivent être présents toute la journée ou presque - ne doivent pas être expliqués par un deuil récent

Pour ne pas allonger trop, je vous cite les principales autres formes de dépression majeure :

- La mélancolie (très grave, perte de plaisir, anorexie, culpabilité irrationnelle, absence de réactivité, réveil matinal précoce...)

- La catatonie (grave aussi, immobilité motrice, stupeur, ou à l'opposé agitation excessive, négativisme extrême...)

- Formes atypiques où il manque un ou plusieurs symptômes

- Formes masquées par des manifestations somatiques..

- Forme délirante (une vraie psychose)

Mise à part la dépression majeure il existe : - Le trouble dysthymique qui est chronique (> 2 ans) - Le trouble d'adaptation avec humeur dépressive : il vient en réaction à un stress psycho-social identifiable dans les 3 mois qui le suivent. (pas un deuil).. et ne doit pas durer plus que 6 mois une fois le facteur de stress disparu.. - Les troubles dépressifs symptômatiques d'une autres maladie, mentale ou physique..

La plupart des malades qui à travers le monde souffrent de dépression ne sont pas soignés.. et sont donc exposés à la souffrance et à des troubles invalidants inutiles^^ qui affectent tout autant la famille et la collectivité.. Je pense que la dépression reste une pathologie assez méconnue, parfois trompeuse.. et nécessite un peu plus d'attention et d'information..

   

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03 mai 2010

Comment fonctionne la dépression?

Comment reconnaître quelqu'un de déprimé ?
Déjà, il faut rappeler qu'il existe deux types de dépression : celles qui ont des causes biologiques très claires, comme les troubles bipolaires, et les autres, qui fonctionnent à la manière d'un cercle vicieux.
Les signes auxquels on reconnaît les personnes atteintes de ce genre de dépression sont :
1) l'humeur triste (sur une période prolongée) : on voit tout en noir, plus rien ne fait plaisir, plus rien ne fait envie, les méthodes habituelles pour se remonter le moral ne marchent plus.
2) Les pertes de concentration et de mémoire.
3) Le fait de saisir chaque contrariété pour se rendre encore plus malheureux.
4) des baisses de sociabilité, de libido…
Enfin, le signe principal repose sur ce qu'on appelle la "triade cognitive-dépressive" : le fait de voir en noir tout ce qui concerne soi-même, les autres et l'avenir. De dire quelque chose comme : "je suis nul, les autres ne me comprennent pas, et ça ne va pas s'arranger".

Comment fonctionne la dépression ?
La dépression fonctionne avec deux cercles vicieux.
Premier cercle vicieux : la fatigue. Il s'agit d'une fatigue particulière. On l'appelle "paradoxale", car contrairement aux fatigues physiques habituelles, elle se manifeste plutôt le matin, elle est désagréable, et plus on se repose, plus on est fatigué.
Second cercle vicieux : l'isolement. Un dépressif a tendance à supporter de moins en moins la compagnie et à devenir solitaire. Et évidemment, plus il est seul, plus il est déprimé.

Que faire pour aider un proche déprimé ?
Il faut d'abord lui faire admettre son état et son besoin de se soigner. Il peut aller voir son médecin généraliste, qui est généralement bien formé sur le problème de la dépression. Si besoin, ce dernier prescrit des antidépresseurs, qui serviront à sortir la tête de l'eau pour pouvoir entamer un travail avec un psychothérapeute ou un psychologue.
Ensuite, on met généralement en place une thérapie comportementale. La personne déprimée doit remettre en route une activité progressive, grâce à un agenda où on se note des tâches à faire pour le lendemain, ce qui donne des repères. Elle se "rééduque" ainsi progressivement à faire des choses et à se faire plaisir.
Surtout, on ne raisonne pas avec un déprimé ! La dépression est une question d'émotions, elle ne peut pas se vaincre par un simple raisonnement. Asséner à un déprimé une morale du type "tu ne peux pas te permettre d'être déprimé" (avec tes enfants, avec la chance que tu as…) ne fera que l'enfoncer encore plus.
Dans un dernier temps seulement, lorsque la personne va déjà mieux, on raisonne avec elle pour lui faire casser la fameuse "triade négative" : oui, il n'est pas nul, oui, les gens l'aiment, oui, l'avenir peut être positif.

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